Récit de mon premier Heiva des écoles de danse

Quand j’ai repris l’école ‘Ori Hei de Poerava Garrigou, je savais que le point d’orgue d’une saison était le Heiva des écoles de danse et le Gala de l’école, mais j’étais loin d’imaginer le travail que cela demande. J’aidais Poerava depuis deux ans, mais je n’en avais pas la responsabilité.
Avec la crise sanitaire liée à la Covid19, le gala a été repoussé en septembre, l’hôtel nous accueillant étant toujours fermé à la date prévue. Le Heiva des écoles a tout d’abord été annulé, puis le dé-confinement annoncé, il fut reprogrammé en juillet.

Après deux mois de confinement et de fermeture de l’école, il me fallait donc reprendre les cours et les répétitions avec mes élèves. J’avais posté sur le groupe privé de l’école les chorégraphies afin qu’elles puissent s’entraîner chez elles. Mais ça restait des vidéos sans interaction. De leur côté, Valérie (ma maman) et Rika continuaient à préparer les costumes.
Nous sommes donc fin mai et l’école reprend. Je repousse la fin des cours à la mi-juillet. Le Heiva i Tahiti étant annulé, les répétitions avec Tahiti Ora ne reprennent pas. J’accuse un peu le coup, mais je suis libre de me consacrer à mes spectacles.
Les cours s’enchaînent, les filles n’ont pas trop oublié, on met en place les déplacements. C’est toujours un peu difficile, les élèves sont parfois absentes ce qui perturbent l’apprentissage des déplacements, mais dans l’ensemble les filles sont ravies de retrouver leurs amies et de se dépenser au rythme des toere.

Ces deux mois passent très vite. Il faut gérer la fabrication des costumes, les apprentissages, préparer la scénographie pour la Maison de la culture tout en pensant au Gala de septembre, finaliser les bandes son (ça c’est le rayon de mon père), prendre en compte les nouvelles règles sanitaires, recruter les copines pour encadrer les élèves lors des soirées.
Le temps passe très vite et le mois de juillet est bien entamé, le Heiva des écoles de danse arrive à grand pas.
Et nous sommes le 13 juillet, journée sous tension avec 120 élèves à gérer et 300 costumes à préparer pour le jour J.

Dans la journée, repassage des paréos et préparation des costumes. Les derniers essayages ont eu lieu pendant les cours. Il y a quelques ajustements à réaliser.
Ce lundi 13 juillet, il y a la répétition sur la scène du grand théâtre de la Maison de la Culture. Les enfants étaient convoqués à 16 heures, la répétition commençait à 17 heures. Une heure de répétition pour 45 minutes de spectacle, c’est chaud !

En gros, il y avait le temps pour un filage complet et le placement pour le final. Mon père s’occupe de la scénographie et des musiques avec la régie du théâtre, nous avions un déroulé précis avec les indications de lumière. Je crois que nous étions bien prêts et il n’y a pas eu de problème.

La répétition achevée, retour à la maison où tous les costumes sont repassés, mis en sac avec les accessoires qui les accompagnent. Les premiers niveaux n’auront qu’un seul costume pour le Heiva, les trois sections suivantes ont 3 ou 4 costumes.

Le jour J, le mercredi 15 juillet, Natalia est rejointe par de nombreuses copines pour s’occuper de sa troupe de jeunes filles. Il y a Rika la couturière japonaise, Nina, mes amies danseuses de Tahiti Ora, Tevaihere, Fenuaiti, Rahinei, Vaiata et Navairua et mes copines Vaiarii et Hitirere. Valérie est là pour superviser la distribution des costumes et l’habillage.
Vers 16 heures, les premières élèves arrivent. Tout le monde se dirige vers la loge 1 derrière la grande scène de To’ata.

En première partie, il y a une école de ukulélé, celle de Tonton Joël ancien batteur de Makau, mon premier professeur de toere. Vers 18h45, les jeunes artistes ont enfilé leur premier costume et se dirigent vers les loges en sous-sol de grand théâtre.

A 19h30, le rideau s’ouvre. J’accompagne mes élèves « expertes » pour l’ouverture avec un aparima en robe longue. C’est parti pour 45 minutes de spectacle sans interruption.

Me voilà avec l’une de mes meilleures danseuses. Le spectacle est lancé. Je commence par les plus grandes, celles qui maîtrisent le mieux le ‘ori Tahiti. Mais il faut garder à l’esprit que c’est un spectacle d’école, avec des filles de niveaux différents, le plus important c’est l’envie de danser. Mais ce soir, magie de la scène, les filles sont radieuses et se donnent à fond.

Et puis c’est le final, toutes les filles sont sur scène, devant la scène et dans les travées. Le public applaudit, c’est chouette !

Clin d’œil final, les filles ont dansé toute la soirée devant un public masqué pour cause de Covid 19. Seuls les yeux souriaient et les mains applaudissaient. Une étrange impression…

Merci aux photographes qui ont réalisé ces belles photos, Moana Blackstone, Stéphane Sayeb, Hitirere Ludivion et mon père Marc E. Louvat.

2 commentaires

  1. Magnifique récit d’une jeune demie tahitienne passionnée par le « ori tahiti ». Continue jeune fille a nous faire rêver et danser sur le rythme du « ori tahiti ». Garde l’authenticité de cette culture, le « ori tahiti ». Elle s’identifie à travers les gestes, la grâce, le sourire et la joie de danser, scandés sur du « to’ere », « pahu » et « vivo ». Et on les voit justement sur les frimousses de nos petites danseuses qui on assuré ce soir là. Magnifique spectacle, bravo.Tu a fais un travail remarquable. Félicitations Natalia. Continue ainsi, le succès est acquis dorénavant. C’est un plaisir de t’aider et merci de m’avoir permis de vivre cela. Bisou Nat💋
    mon coup de coeur❤nos petites frimousses du groupe ‘éveil » trop mimi🥰

  2. Un grand bravo Natalia et à toutes les personnes qui t’ont aidée, belle organisation et j’ai été impressionnée par le niveau des filles !

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